Bos.20

Simon Beaudry

Où étiez-vous il y a 20 ans ?

Bos fête ses 20 ans en octobre, on commence tous à la savoir. En octobre 1988 donc, une nouvelle agence naissait. Mais nous ? Où allions-nous, où étions-nous, que faisions-nous aux alentours d'octobre 1988 ?

Balises : 20, ans, beaudry, bos

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En octobre 1988, j'ai 23 ans. Je travaille depuis 1 an et demi chez Young & Rubicam comme assistante administrative de Louis-Éric Vallée, Marc Touchette et Manon Leclair, aussi à l'occasion, de Cristiane Bourbonnais. Je découvre les rouages de la publicité. Je me trouve tellement chanceuse de travailler dans cet environnement excitant et hors du commun avec des gens aussi flyés (j'avais travaillé très brièvement dans un domaine beaucoup plus plate et straight). En 1988, chez Y&R, il y a Ron Caplan avec ses cheveux longs qui porte des shorts et des runnings (j'avais jamais vu ça dans un bureau), il y a Roger Gariépy qui fait équipe avec André Paradis, il y a Richard Nadeau qui part ou qui arrive peu de temps après (le monde est petit!). C'est mes premiers documents de pitch et mes premières nuits blanches parce que le client vient à l'agence demain matin pis faut qu'on y présente ça. En 1988, je commence mes études en graphisme, le soir. Je trippe. Une bonne année.

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Je venais d'avoir 11 ans.

J'avais déjà déménagé 7 fois et habitais à cette époque proche de Genève.

Il y avait une station de ski à 3 km de chez moi, ce qui me permettait d'aller dévaler les pentes jurassiennes jusqu'à 3 fois par semaine, j'avais d'ailleurs intégré l'équipe compétition du village, ça faisait bien de dire ça aux filles à la récré. Ce rythme infernal, très mauvais pour mes genoux en pleine croissance, me vaudra une interdiction de pratique sportive pendant 2 ans.

J'étais louveteau. C'est comme les scouts, mais pour les petits.

Je ne pensais pas tellement à la publicité à cette époque, je n'avais d'ailleurs pas le droit de regarder la télé. C'est ainsi que je devins bédévore. Une fois grand je m'imaginais delphinologue ou vulcanologue, j'étais fasciné par les dauphins et les volcans.

J'avais des Converse moi aussi, mais fluos. En fait c'étaient pas des vraies Converse, mais ne le répétez pas.

J'avais du mal à imaginer qu'un jour je serai un adulte, j'étais intimement convaincu que je resterai toujours petit. Et quand j'imaginais la vie de mes parents enfants, je voyais tout en noir et blanc.

Je trouvais que l'Espagne était un pays lointain, alors imaginez le Québec.

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3 octobre 88, mes 11 ans... une cinquième année au primaire, j'allais dans une petite école en banlieue de Sherbrooke, j'étais encore assez sage, même trop gênée à cette époque... C'était aussi l'année où j'allais en France pour la première fois, car je participais à un échange France-Québec, un programme sur deux ans, en quatrième année ma correspondante était venu chez moi et en 88 c'était mon tour, c'était une année existante, notre année scolaire au complet était basé sur cet échange, soirée d'organisation, porte à porte pour notre financement etc... Le voyage a été une très belle expérience!

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En octobre 1988, j'avais 10 ans. Lac-Beauport, nord de Québec. Thomas Gobeil vivait pas loin mais on ne se connaissait pas. Après un été passé au camp musical Vivaldi, où je jouais du violon et matinée et jouais à autre chose en après-midi. (oui, j'étais vraiment geek : voir photo de mon profil), je suis entré en 5e année. J'étais secrètement amoureux d'une fille au camp qui était belle comme le jour, et qui étais amputée d'une jambe pour une raison dont j'ignore. Elle avait une jambe artificielle, et ça m'impressionnait vachement. Je crois que c'est cette différence qui m'impressionnait, et je la voyais dans ma soupe (poulet et nouilles, avec un glaçon).
L'été 1988, c'était les Olympiques de Séoul. Ma gardienne Caroline participait à ses premiers Jeux en canoë-kayak, elle en fera plusieurs ensuite. J'étais très fier d'elle et je crois que j'étais secrètement amoureux d'elle aussi.
Je portais des Stan Smith comme tout le monde. C'est aussi l'année ou j'ai acheté ma première cassette : les Beastie Boys, license to Ill (influences de mon grand-frère. Lui a plutôt viré kétaine en écoutant du Richard Marx et du Milli Vanelli. Enfin. Comme c'est mon frère je l'aime pareil (pas secrètement) même s'il vote conservateur et adq). Dans ce temps là les cassettes commençaient par un son en crescendo qui me donnait toujours des frissons d'appréhension. J'ignore pourquoi.
En 5e année, j'ai eu ma première blonde mais je ne l'ai jamais embrassé. J'étais bien trop gêné. On se tenait par la main, parfois. J'étais très amoureux d'elle. Elle s'appelait Émilie. Elle me quitta le lendemain d'un concert des New Kids on The Block, car elle croyait que Joe lui avait fait un clin d'oeil, et donc qu'il était secrètement amoureux d'elle. C'est la vérité.

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Moi en 88, j'avais 7 ans et demeurait à St-Léonard. J'allait à l'école primaire Notre-Dame du foyer et j'ai eu mon premier baiser dans le vestiaire (une fille avec une barrette en fleur blanche que je m'amusait à lui enlever pour attirer son attention). Bref je croyait devenir, en fait j'aspirait à être un homme volant et j'avais encore jamais fait de drogue! J'ai par la suite déménagé à Pointe-Aux-Trembles et une semaine plus tard j'ai monté le toit de la maison pour me jeter en bas croyant pouvoir volé! Mais non je déconne! J'étais un élève très studieux avec un comportement exemplaire, un peu têteux même! En fin, j'écoutais à l'époque passe-partout, Scoubidou, pis j'avais arrêter de jouer avec mes toutou! Mes les Ninjas Turtles par contre étais mes héros et avec le Nintendo c'étais Super Mario! Ha et oui moi pour les soulier c'était les L.A. Gear Pomp rose noir et blanc.... Yeah!

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En octobre 1988, j'avais un an et demi.

J'étais un bébé légèrement obèse, parce que je suis née prématurée, pensant 3 livres et demi, et ça a traumatisé ma mère. Elle s'était donc mis en tête de me faire rattraper la "courbe". Mission accomplie!

Je ne marchais pas encore, mais je parlais déjà beaucoup. (Il y a des choses qui ne changent pas!)

Le reste, je ne m'en souviens pas.

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Début 1988, j’ai vingt-neuf ans et suis rédacteur dans une agence de Montréal dont je tairai le nom. J’y passe le plus clair de mon temps à être malheureux comme une pierre, le reste à me faire chier comme un rat mort. Je ne comprends rigoureusement rien à ce que font mes collègues : un processus créatif aux règles absconces, menant à la création de pubs de bière en joual à l’humour pas drôle, férocement médiocres. Du fond de mon petit bureau sans fenêtre près des chiottes, totalement écoeuré, je décide que la pub, c’est fini. Il me faut un vrai boulot. C’est à ce moment précis, je le jure, que Leon Berger, alors DC chez Young & Rubicam appela pour me proposer un rendez-vous. Sans l’insistance de ma blonde, je n’aurais jamais accepté et je n’aurais jamais rencontré Roger, qui devint aussitôt mon partenaire et, très vite mon ami. C’était il y a vingt ans et l’année 1988 se termina estie-de-câlissement mieux qu’elle n’avait débuté.

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1988-8 ans
J'habite dans un petit village de 500 habitants. Mon rang est en "garnottes" et nous avons seulement 4 postes de télévision. Mes émissions préférées sont le Club des 100 watts et Chop Suey. J'adore le fluo, je porte des 301 et mon rêve est de porter un ti-kit "Au Coton" (fluo bien sûr). Je suis timide et il n'y a qu'un beau gars dans toute l'école et toutes les filles trippent sur lui. Donc, pas trop de chance pour le premier baiser. Mes parents décident de me payer un appareil dentaire et, honnêtement, j'en ai vraiment besoin. L'été 1988 ma tante se marie et pour l'occasion je porte une robe vert peppermint bouffante et j'ai les cheveux gaufrés. Vive 1988!

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Pendant ce temps, André Paradis et moi, faisions les pub "Au Coton" chez Young & Rubicam. Nous photographions des jeunes filles avec des trucs fluo bien sûr.
Pas la peine de souffrir pour être belle...

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En 1988 il y avait beaucoup d'enfants sur le plateau à Montréal.
Je pouvais retrouver 4 ou 5 de mes "meilleurs amis" juste en fesant le tour du bloc.

J'avais enfin brisé mon vieu BMX pendant l'été, alors j'avais hérité du premier bicycle-de-montagne à 12 vitesses de mon grand-frère (lui avait eu droit à un vélo neuf). Mes connaissances goégraphiques s'étaient beaucoup élargies et puisque ma mère m'interdisait d'y aller, je connaissais maintenant très bien le vieux-montréal, le centre-ville et la montagne.

Je commençais la 6e année avec un Monsieur Duval plutôt sévère. Ce prof avait toute une réputation à l'école Louis-Hypolite-Lafontaine. On s'entendait tous pour dire que c'était bien plus l'fun en 5e année avec Monsieur Choinière qui fesait tout le temps d'excellentes blagues du genre "pas-ti-noir à l'aréna" (c'était drôle à cette époque).

À cet âge de presqu'ado, le style commençait à prendre beaucoup d'importance et je ne savais pas que j'avais le droit d'aimer à la fois RunDMC, Def Leppard et Michael Jackson. J'écoutais donc les 2 derniers en cachette puisqu'ils étaient moins cool.

Je ne savais pas encore c'était quoi le graphisme et encore moins la retouche photo, mais j'avais déja décidé que je ne serais pas un policier finalement.

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En octobre 88 j'avais 6 ans. J'entamais ma pré-maternel dans une petite école anglophone appelé Montessori. Je vivais dans le chantier de construction de papa, pendent que maman, au bord de la névrose, passais un bonne partie de ses journées à balayer du brin de scie. Ma chanson préféré c'était "We are the world" et mon film fétiche c'était "3 Amigos" avec Cheavy Chase.

À l'époque j'avais 2 blondes, Josiane et Alison. Mon plus grand souci était de faire le choix de laquelle j'aillais épouser plus tard...

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1988, une année très occupée et décisive. J'avais 25 ans, je commençais mon profil télévision, la dernière année de mon bac en communications à l'UQAM. La classe était divisée en 4 équipes qui devaient réaliser un show de tv chaque semaine en studio. Je trouvais ça dur parce que nos heures de studio étaient le mercredi soir, pendant RBO !
C'est là que j'ai su que le monde de l'image et la réalisation allaient devenir importants.
Le reste du temps, j'étais critique pour la scène alternative au journal Voir. M'en suis tapé des shows aux Fouf jusqu'aux petites heures, et des week-ends à écrire, au grand dam de ma blonde Martine.
J'habitais rue Ontario, au-dessus de la Paryse, dans un appart qui sentait le pipi de chat et la friture.

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